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Gros mots et grandes idées

Gros mots et grandes idées

Quelques ressources pour une analyse intersectionnelle des technologies

La critique des technologies peut-elle se couper d’une remise en question des inégalités et discriminations ? Si on pose la question, c’est qu’on a une petite idée de la réponse…

Ces inégalités et ces discriminations sont multiples et se conjuguent pour exclure ou marginaliser certains groupes sociaux. C’est ce que permet de comprendre l’approche par l’intersectionnalité, encore trop peu mobilisée dans les travaux critiquant les technologies. 

Les sujets qu’aborde Le Mouton Numérique (démocratie, surveillance, smart cities, environnement) peuvent tous être enrichis par une approche intersectionnelle qui mettrait plus étroitement en résonance les enjeux posés par les technologies avec les questions sociales et politiques.

Les ressources agrégées ici sont la première itération, comme on dit dans la start-up nation, d’un projet plus large de médiathèque techno-critique intersectionnelle sur lequel nous travaillons.

Ne cherchez donc pas l’exhaustivité ! La sélection est subjective et basée sur ce que nous avons lu et écouté. 

Vous trouverez principalement des podcasts et des livres, en français ou en anglais. 
Pour chaque ressource, un petit résumé de l’écoute ou de la lecture qu’un.e des membres de l’association en a fait. 

Dans chaque sous-partie, nous avons classé les ressources en allant de celles qui nous semblaient le plus accessible à celles qui nous ont semblé les plus ardues : plus il y a de pelotes, plus c’est coton !

Une question ? Un désaccord ? Une remarque ? Une suggestion ?
Ecrivez-nous à : bonjour[at]mouton-numerique[point]org

Mais déjà, c’est quoi l’intersectionnalité ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, commençons par le commencement et faisons le point sur l’approche intersectionnelle.

Si vous n’avez jamais entendu parler d’ « intersectionnalité » – ou si vous n’en avez entendu que des caricatures venimeuses – on a rassemblé quelques ressources pour mieux comprendre ce qui est (vraiment) en jeu.

[Français] [Podcast] Le podcast de Rokhaya Diallo et Grace Ly « Kiffe ta race » (Binge Audio, depuis 2018)
Pourquoi on en parle ?
« Rendre leur dignité aux personnes minorées est au cœur des projets de lutte. »
C’est aussi le projet qui est au cœur des épisodes du podcast « Kiff ta race » animé et produit par Rokhaya Diallo et Grace Ly. À partir de la spécificité de leur vécu (celui de personnes perçues comme « femme et noire » et comme « femme et asiatique » en France), Rokhaya Diallo et Grace Ly explorent sans complexe et avec humour les questions raciales : Pourquoi le mot « race » est-il tabou ? Existe-t-il une forme de privilège blanc ? Qu’en est-il quand on est, à la fois, victime de discriminations raciales et sexuelles ? Comment assumer son identité plurielle ?

Parmi les épisodes que nous pouvons vous recommander :
– « On ne naît pas Blanc-he, on le devient » avec Lilian Thuram, auteur de La pensée blanche : https://s.42l.fr/on-ne-nait-pas-blanch-e
– « Le coût mental du racisme » avec la psychologue et docteure en psychologie sociale Racky Ka : https://s.42l.fr/cout-mental-du-racisme
– « Comment être un-e bon-ne allié-e ? » avec Justine Devillaine, cofondatrice de Lallab, association fondée en 2016 pour faire entendre les voix des femmes musulmanes : https://s.42l.fr/comment-etre-un-e-bonne-allie-e
– « Pourquoi le mot race est-il tabou ? » avec Maboula Soumahoro, spécialiste des diasporas africaines et initiatrice du Black History Month : https://s.42l.fr/pourquoi-le-mot-race-est-il-tabou

[Français] [Podcast] « Intersectionnalité, j’écris ton nom ! » avec Kaoutar Harchi dans le podcast de Clémentine Gallot « Quoi de Meuf ? » (Nouvelles Écoutes, 2020)
Pourquoi on en parle ?
« Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont hommes, mais nous sommes quelques-unes à être courageuses »

Si la formule ne vous est pas familière, nous ne pouvons que vous recommander cet épisode dans lequel Clémentine Gallot et Kaoutar Harchi reviennent de manière très accessible sur les origines du concept d’intersectionnalité et les réalités sociales qu’il révèle : politiques publiques et systèmes judiciaires non adaptés aux vécus des personnes subissant conjointement plusieurs discriminations (comme les femmes noires ou les femmes handicapées), stigmatisation dans l’espace public et invisibilisation de ces populations dans les luttes contre les discriminations…
L’épisode est une mine de références (collectifs, séries, articles, essais…) pour qui veut se lancer dans l’exploration des travaux intersectionnels !

[Anglais sous-titré en français] [Ted Talk] Kimberlé Crenshaw, « The urgency of intersectionality », TED Talk (2016)
Pourquoi on en parle ?
Nous pouvions difficilement ne pas faire apparaître dans notre sélection la juriste Kimberlé Crenshaw à qui l’on doit le concept d’intersectionnalité !

Parmi ses nombreuses interventions académiques et médiatiques, nous avons choisi cette courte vidéo (avec sous-titres français) dans laquelle elle revient sur les raisons qui l’ont amenée à forger ce concept en prenant deux exemples très concrets : l’invisibilisation des violences policières faites aux femmes afro-américaines et l’impossibilité pour la justice américaine de reconnaître les discriminations multiples subies par les femmes noires (en tant que femmes d’une part, et en tant que personnes noires d’autre part) du fait de son incapacité à prendre en compte les cas où plusieurs discriminations entrent en jeu de concert.
L’intersectionnalité apparaît alors comme un cadre nécessaire pour révéler ces réalités sociales et transformer les institutions en place, dans la mesure où : « If we can’t see a problem, we can’t fix the problem ».

[Français] [Podcast] « Handicap et validisme » avec Elisa Rojas et Alister Houdayer dans le podcast de Guillaume Hachez « Septante Minutes » (J’aime Bien Quand Tu Parles, 2020)
Pourquoi on en parle ?
Rares sont les médias qui laissent la parole aux personnes handicapées pour parler de handicap, comme si celles-ci étaient « illégitimes », pour ne pas dire « inaptes » à parler de leur vécu… et ce, alors même que « les personnes qui parlent sont souvent à côté de la plaque ! ».

Dans cet épisode salutaire, Guillaume Hachez reçoit l’avocate Elisa Rojas et le youtubeur Alister Houdayer, tout-es deux concerné-es, pour faire le point sur le validisme – système d’oppression qui érige la personne valide en norme sociale et repose sur la croyance que les personnes handicapées seraient inférieures. Sont abordés les représentations dominantes du handicap, les discriminations qui en découlent, et la manière dont elles s’enchevêtrent dans d’autres discriminations (liées à l’identité de genre notamment).
En marge de leur échange, les deux invité-es soulignent l’importance des réseaux sociaux dans la politisation et la mobilisation des personnes handicapées pour leurs droits.

[Français] [Livre] Sarah Mazouz, Race, Editions Anamosa, 2020
Pourquoi on en parle ?
Il faut 90 pages à la sociologue Sarah Mazouz pour montrer à quel point il est utile de défendre un usage critique du mot « race » s’opposant et dénonçant les logiques et les discours racialisant.

Elle explique avec clarté et précision que « la race n’existe pas au sens biologique naturel que le raciste lui attribue [mais qu’elle] existe socialement, comme régime de pouvoir ».
Le livre était nécessaire, il est exemplaire (et le mot est faible).

[Français] [Livre] Fatima Ouassak, La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire, La Découverte, 2020
Pourquoi on en parle ?
C’est un livre qui parle de ces enfants qu’on traite comme des adultes dont on a peur ; de ces mères de famille qu’on appelle « mamans des cités » ; de ces luttes qu’on invisibilise quand on ne les méprise tout bonnement pas.

C’est un livre qui rappelle que les luttes actuelles s’ancrent dans des combats anciens souvent invisibilisés ; que de nombreuses avancées sociales et politiques sont le fait des groupes minoritaires ; qu’une écologie transformatrice ne peut être que populaire et que les mobilisations véritablement collectives doivent partir des personnes concernées et que les mères sont de puissants dragons dont on a tant à apprendre.

La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire, écrit par la politologue et militante Fatima Ouassak, est donc, surtout, un livre « joyeux et combatif ».

[Français] [Livre] bell hooks, De la marge au centre, 2017 (version originale en anglais : 1984)
Pourquoi on en parle ?
Vous savez ces bouquins que l’on lit en hochant régulièrement la tête, que l’on interrompt pour vérifier, une nouvelle fois, la date de publication et dont on se dit, chaque fois, “ah oui ça a quand même été écrit il y a […] ans” ? De la marge au centre est l’un deux.

C’est le deuxième essai qu’a publié l’intellectuelle et militante bell hooks et il date de 1984 (il sera traduit en français en 2017). Elle y étudie les mouvements féministes du XXème siècle et analyse leur échec à inclure et à s’adresser à toutes les femmes.

Selon elle, un mouvement féministe véritablement émancipateur doit partir des femmes noires et/ou pauvres : “Ces dernières sont essentielles à l’élaboration d’une théorie et d’une pratique féministes révolutionnaires tant leurs expériences de vie remettent en cause les fondements racistes, sexistes et classistes de la société.” (source : http://bit.ly/Africultures_bellhooks)

On ne parlait pas encore d’ “intersectionnalité” à l’époque mais tout est déjà là et tout reste avant-gardiste aujourd’hui encore, faisant de son autrice “l’une des voix les plus influentes et stimulantes de la scène féministe” pour reprendre les mots de son éditeur français (Cambourakis).

OK, et le rapport avec la technocritique ?

Les présentations faites, on peut passer aux choses sérieuses : les analyses intersectionnelles des systèmes sociotechniques.

La technocritique entend interroger de manière politique la technique, c’est-à-dire notamment, les liens qu’elle tisse avec les formes de pouvoir d’une société donnée. Contre une prétendue neutralité de la technique et plus encore contre son assimilation spontanée à un « progrès » universel, cette approche entend donner à voir comment les évolutions techniques sont orientées par les rapports de pouvoirs des sociétés dont elles sont issues et comment elles tendent dans le même mouvement à les réarticuler. Or la répartition du pouvoir au sein d’une société n’est pas homogène, pas plus que la manière dont les différentes catégories de la population y sont confrontées. 

C’est justement ce que l’outil intersectionnel peut permettre d’interroger avec ceci de particulier qu’il met également l’accent sur les individus et les groupes sociaux. Ainsi l’approche intersectionnelle appliquée aux technologies contemporaines revient non seulement à s’intéresser aux infrastructures et aux personnes qui les pensent et mettent en place, mais également aux personnes qui, à des degrés divers, sont exposées aux bénéfices et aux préjudices produits. En d’autres termes, elle permet d’avoir une approche plus fine mais aussi plus dynamique des évolutions techniques de nos sociétés, de leurs impacts et des rapports de pouvoir qui les sous-tendent.

L’approche intersectionnelle est riche non pas seulement pour l’analyse qu’elle permet mais aussi en ce qu’elle vient questionner nos positions sociales et nos interactions… On ne peut pas ne pas avoir à l’esprit que passer du temps à débattre des enjeux socio-techniques est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. Plus globalement, nos visions du monde, nos analyses comme nos savoirs sont situés et il en va de même de nos visions des systèmes sociotechniques qui nous entourent.

Alors si on peut se permettre de technocritiquer, autant en profiter pour faire entendre d’autres voix et contribuer à faire connaître d’autres analyses techno-critiques.  

[Français] [Podcast] Le podcast Awa Ndiaye et Jeremy Lezac « Tête À Tech » (depuis 2018)
Pourquoi on en parle ?
Si vous voulez suivre l’actualité tech avec des lunettes technocritiques ET intersectionnelles, « Tête À Tech » est LE podcast à écouter !
Toutes les deux semaines Awa Ndiaye et Jeremy Lezac (qui en plus d’être drôles et caustiques sont Moutonne et Mouton à leurs heures perdues ;-)), livrent pendant une petite demi-heure leur analyse du monde de la tech et des start-up et n’hésitent pas à appuyer là où ça fait mal.

Parmi les épisodes que nous pouvons vous recommander :
– « Économie du savoir et taxe sur les téléphones » [épisode 71] : https://s.42l.fr/episode-71
– « Algos de recommandation et prise de risque de “l’homme blanc” » [épisode 69] : https://s.42l.fr/episode-69
– « Gatekeeping et de l’art de manifester en sécurité » [épisode 63] : https://s.42l.fr/episode-63
– « Qui sont les travailleurs du clic » avec Touhfat Mouhtare, co-autrice du rapport Le micro-travail en France [Tête à Tech Live] : https://s.42l.fr/interivew-touhfat-mouthare
– « Mythe de la méritocratie et Féminisme et privacy » [épisode 42] : https://s.42l.fr/episode-42
– « Le seum des GAFA et les biais du recrutement » [épisode 23] : https://s.42l.fr/episode-23
– « Diversité et mixité dans la tech » [épisode 5] : https://s.42l.fr/episode-5

[Français] [Podcast]  « Des ordis, des souris et des hommes » avec Isabelle Collet dans le podcast de Victoire Tuaillon « Les couilles sur la table » (Binge, 2020)
Pourquoi on en parle ?
Dans cet épisode de « Les couilles sur la table », Victoire Tuaillon reçoit l’informaticienne et autrice Isabelle Collet (Les oubliées du numérique, Le Passeur, 2019) pour déconstruire un stéréotype fortement ancré dans les imaginaires : « l’informatique, c’est un monde de mecs ».
On y revient sur l’histoire de l’informatique (saviez-vous que dans les années 1960 la programmation était présentée en Europe comme un « bon travail de femmes » ? – « c’est comme programmer un dîner ! ») et sur les phénomènes de censure sociale qui se mettent en place dans les années 1980 et maintiennent les femmes à l’écart des métiers du numérique (caractère masculiniste et excluant de la culture geek, plafond de verre, harcèlements et discriminations sexistes ayant cours dans les entreprises tech…).
[Français] [Livre] Dominique Pasquier, L’internet des familles modestes. Enquête dans la France rurale, 2018
Pourquoi on en parle ?
La sociologue Dominique Pasquier a voulu montrer « comment une technologie inventée et utilisée au départ par les classes supérieures a trouvé sa place dans certains milieux populaires ».

L’appropriation d’Internet (mails, réseaux sociaux…) a certes été plus tardive que pour les classes moyennes et supérieures (bien que rapide), différenciée (très utilitariste et pragmatique) et « ségrégative » comme le montre par exemple le différentiel de participation en ligne des classes populaires (qui renvoie au rapport à l’écrit autant qu’à la place qu’on s’autorise dans la société).

L’enquête est précieuse (peu de travaux en langue française se sont intéressés à ces questions) et précise. Elle montre comment se forge « des Internets » et invite à prendre plus en compte les appropriations des dispositifs socio-techniques dans la manière de les penser (et de les faire).

[Français] [Article de blog] Marc Jahjah, « Race, intersectionnalité et études critiques du code informatique », marcjahjah.net, 2020
Pourquoi on en parle ?
Marc Jahjah rend ici compte de la rencontre entre études numériques et questions raciales et intersectionnelles. Après une présentation rapide des études critiques du code informatique, un domaine d’études qui prend en compte les dimensions sociales de la rédaction informatique, l’auteur apporte une introduction claire et simple aux notions de race (sociale) et d’intersectionnalité. Surtout, il propose une recension de l’ouvrage Race After Technology de la sociologue afro-américaine Ruha Benjamin (présenté plus bas) qui permet d’affiner la description des liens entre code informatique et stéréotypes racistes et d’en donner différents exemples concrets.

En somme cet article offre une bonne introduction à ces sujets depuis une perspective académique et dispose de nombreux renvois permettant à qui le voudrait d’approfondir les différents points abordés.

[Anglais] [Livre] Virginia Eubanks, Automating Inequality: How High-Tech Tools Profile, Police, and Punish the Poor, 2018
Pourquoi on en parle ?
La chercheuse en sciences politiques Virginia Eubanks a analysé plusieurs systèmes automatisés qu’elle qualifie de « bien mal nommées “aides sociales” » aux Etats-Unis.
Elle tire de cette enquête une analyse implacablement déroulée dans ce livre publié en 2018 (et non traduit) : « Si ces systèmes sont présentés pour rationaliser et gérer les bénéficiaires, leur but premier reste et demeure de profiler, surveiller et punir les pauvres ».
Depuis plusieurs années, Virginia Eubanks alerte sur le fait que les populations marginalisées, et en particulier les pauvres, sont les cobayes de la massification de la surveillance numérique… En somme, si la justice sociale ne vous préoccupe pas, le fait d’être les suivants de ces régimes de surveillance est une bonne raison pour lire son travail.

Pour une recension en français de son ouvrage voir : Hubert Guillaud, « De l’automatisation des inégalités », Internet Actu, 2018 : https://s.42l.fr/de-lautomatisation-des-inegalites

[Anglais] [Livre] Ruha Benjamin, Race After Technology: Abolitionist Tools for the New Jim Code, 2019
Pourquoi on en parle ?
En faisant référence à une sombre période de l’histoire des États-Unis (les lois légalisant la ségrégation raciale dans les Etats du Sud du pays en vigueur entre 1877 et 1964), la sociologue Ruha Benjamin souligne le rôle des technologies dans la perpétuation d’une division sociale et raciale de la société étatsunienne.

Selon elle, les stéréotypes raciaux, sexistes, classistes, validistes sont inscrits dans l’architecture même des systèmes techniques et des technologies numériques. Plus encore, elle considère que le racisme est non pas seulement une « idéologie ou une histoire, mais un ensemble de technologies qui génèrent des modèles de relations sociales qui deviennent de véritables boîtes noires perçues comme naturelles, inévitables, automatiques ».

Dans un tel système, « l’inéquité codée rend la discrimination plus facile, plus rapide et encore plus difficile à contester » explique-t-elle avant de mettre en garde sur les risques posés par l’interconnexion croissantes des données… Si Ruha Benjamin frappe fort, elle s’attache aussi à documenter et à rendre visibles celles et ceux qui luttent pour plus de justice dans les technologies : https://www.ruhabenjamin.com/resources

À poursuivre…

Les pelotes viennent de : Grégory Montigny from the Noun Project

Author: Mouton Numérique

Eclairer la société qui innove

Website: https://mouton-numerique.org

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