Remettre les points sur les (naz)i !

Tandis que l’on commémorait le triste anniversaire de l’assassinat d’Ibrahim Ali par un colleur d’affiche du Front National et que d’autres marchaient en hommage à El Hacen Diarra, mort comme tant d’autres sous les coups de la police, 3200 fachos défilaient en hommage au néo-nazi Quentin Deranque, sous les projecteurs médiatiques et une bienveillance jamais égalées pour ce type d’événement. L’occasion de mettre les points sur les (naz)i.

Face à la déferlante fasciste, soutien à toutes celleux qui tiennent les remparts

Soutien aux miliant·es antifascistes face à la criminalisation de leurs luttes. En Hongrie avec la condamnation de Maja T., aux US où les collectifs antifas sont désormais officiellement classés comme organisations terroristes. En France, où le Ministère de l’Intérieur cherche à réprimer leurs groupes, qu’il s’agisse de la Jeune garde ou de tous les autres moins visibles. L’antifascisme dans son ensemble est en danger.

Soutien aux forces de gauche et aux mouvements de justice sociale – antiracistes, décoloniaux, LGBTQIA+, anti-validistes, féministes, anti-capitalistes – qui subissent aussi la répression d’État et toutes les violences réactionnaires autorisées, banalisées et institutionnalisées (d’Urgence Palestine aux Soulèvements de la Terre).

Soutien aux chercheureuses, journalistes et militant·es en ligne, qui observent, documentent et dénoncent les violences fascistes sur le terrain au jour le jour, et dont l’indépendance et les libertés sont de plus en plus attaquées.

Rappel : le fascisme et le nazisme ne sont pas des « idées » comme les autres.

Ce sont des incarnations politiques de la violence prônant la discrimination, la déshumanisation et la mort des populations qui ne rentrent pas dans leur vision fantasmée d’un monde purifié : personnes migrantes, noires, arabes, musulmanes, juives, handicapées, LGBTQIA+, etc. C’est au nom de ces idéologies que les groupuscules organisent des guet-apens, provoquent des rixes et orchestrent des agressions meurtrières.

Les mettre dos à dos avec l’antifascisme est d’une aberration et d’une irresponsabilité abjectes.

HONTE aux médias et aux politiques qui imposent, instrumentalisent et alimentent ce récit mortifère

HONTE à cette minute de silence qui honore les néo-nazis et invisibilise leurs innombrables victimes

HONTE aux pouvoirs publics qui protègent les défilés et les célébrations des idéologies de l’horreur

La mort lors d’une rixe n’est ni une situation exceptionnelle, ni un drame isolé, comme on essaye de nous le faire croire avec la mort de Quentin Deranque. La violence politique fait partie intégrante de nos sociétés oppressives et inégalitaires.

La lutte antifasciste s’inscrit dans des stratégies de défense, historiques et collectives, face à des violences répétées et omniprésentes orchestrées par les groupuscules d’extrêmes droites, néo-nazis et les politiques de répression fascistes. Elle existe par besoin de protéger les espaces de vie, d’expression, de réflexion et de contestation de nombreuses catégories de personnes que le fascisme veut voir disparaître.

L’antifascisme n’est pas un crime.

Nous ne pleurerons pas la mort d’un néo-nazi. C’est à leurs victimes que nous pensons avant tout : celles tuées et celles battues, celles poussées au suicide, celles condamnées à une vie de renoncements, isolées par la peur, la honte et le deuil.

Nous soutiendrons toujours l’autodéfense populaire et la résistance de celles et ceux qui se battent pour une vie digne et libre.