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Dessine-moi un Mouton (Numérique)

Dessine-moi un Mouton (Numérique)

Comment en sommes-nous venus au Mouton ? Pourquoi faire échouer notre image toute entière sur cet animal, à première vue, ô combien passif et suiveur ? Et bien sûr, quel rapport avec le numérique ? Ces questions tout à fait légitimes sont l’occasion de nous repencher sur ce choix qui, loin d’être le fruit du hasard, est né d’un long processus réflexif qui n’a pas eu lieu sans quelques obstacles…

Le mouton est tout un symbole. Figure du conformisme, l’animal est aussi absolument épris de liberté. S’il évoque le troupeau, il convoque aussi la montagne et l’air pur des verts pâturages. Le mouton sauvage, souvent brun, est ce lointain cousin du mouton blanc qui arpente nos campagnes. Malgré sa domestication, chacun sait que l’animal reste toujours partiellement inapprivoisable…

L’homme est lui aussi, ce savant et ingénieux mélange de sociabilité et d’affranchissement des règles. Cette dialectique, c’est aussi celle de son rapport à la technique, et donc au numérique, nous expliquons tout ceci dans Pourquoi le Mouton ? Mais comment en est-on arrivé là au juste ?

Alors, ce long processus réflexif ?

Venons-en aux faits : organiser des débats autour du numérique via un collectif ne peut se faire sans le choix d’un ancrage iconographique méticuleux.

Après plusieurs centaines de messages, nous avons abondamment éclusé sigles et acronymes, nourri assonances et jeux de mots du feu de notre créativité, arrosé lieux communs du numérique de nos tests littéraires… Preuve en est avec ce florilège de noms d’oiseaux souvent évacués aussi vite qu’ils sont apparus :

Le Mouton a failli s’appeler…

De mémoire de mouton, le premier nom du collectif était « Chance Numérique », ou « ChanceNum », pour reprendre la norme en vigueur… C.H.A.N.C.E pour Collectif Humaniste pour une Autonomie Numérique Citoyenne et Écologique. Il faut croire que l’allusion anarcho-moutonnesque a dû nous arrêter quelque part, et la référence à l’universalisme ne va pas sans sa critique…

Mais nous ne sommes pas arrêtés là. Le mouton a bien sûr été gréco-latinisé des sabots jusqu’au museau, ce qui a donné des choses de ce genre :

  • « Politeia Digitale »
  • « Digital Sofia »
  • « Ars Numérique »
  • « Numeris versa »
  • alter-truc et Res-machin. Pas concluant.

Puis nous avons fait un bond de quelques siècles pour retomber sur des références plus communes. Ainsi ont failli naître avant que nous les envoyons paître :

  • « En Tête à Tech » (notez l’acronyme : ETAT)
  • « Les Digilantes » (un coup de cœur qui a duré 5 jours)
  • « Les Numéricologues »
  • « Apostrophe Digitale » (qui a même eu droit à un logo pendant quelques minutes… n’en déplaise à Bernard Pivot)

Puis nous avons pensé « en dehors de la boîte » (out of the box)…

Ce pas osé de côté a donné un joli « 160 fois par jour » (soit le nombre de fois où nous regardons notre smartphone quotidiennement), et un non moins joli « Des datas et des hommes » que nous gardons au chaud pour l’un des nos premiers événements…

Enfin, comment échapper aux références à la culture geek actuelle ? Difficile de ne pas céder à la facilité, ce qui explique sans doute pourquoi nous n’avons pas choisi « Reb00t Society » ou « Algorama », coupant court aux attentes démesurées qui pointent leur nez derrière ces récupérations très – trop – à la mode.

Sans compter que quand on se cherche un nom, il faut garder en tête sa lisibilité… « Ctrl-Alt-Think », « Toile de fond » et « Alphabet » ont donc été laissés au placard (bon, nous n’avions pas les droits sur le dernier, mais de toute façon il ne nous plaisait pas…).

A ce stade et même en pensant « en dehors de la boîte », nous n’avions toujours rien…

Satané boîte.

Allez savoir pourquoi, nous avons fait des trous dans cette boîte pour que notre collectif puisse respirer un peu. Comme dans les univers numériques qui parfois nous séquestrent dans leurs méandres de 0 et de 1, nous avions besoin d’air. Dans cette boîte maintenant ventilée, il y avait toute notre identité, nos aspirations, notre mouton.

Alors nous avons ouvert la boîte et avons découvert notre Mouton, encore tout chétif, mais avide de liberté. Nous l’avons accueilli, avec ses cinq petites pattes noires car, comme chacun sait, les moutons à cinq pattes ont le prestige mystique des licornes outre-atlantiques. Puis nous avons donné vie au mouton.

Le Mouton, naissance d’un logo

Pour préparer sa sortie triomphale, le mouton avait besoin d’un peu de cadrage. Certaines mauvaises langues parlent d’un enclos, mais c’est bien plus que ça, c’est une feuille de route, un plan ! Le mouton a très vite eu une idée précise de son rôle dans la montagne, il a même écrit un manifeste et clairement organisé ses objectifs :

 Le plan du mouton

Et comme le mouton reste un animal éminemment social, comme l’homme, il a prévu un espace pour que chacun puisse le suivre à la hauteur de ses moyens et constituer un réservoir de moutons (un sheep-tank). Le « devenir-mouton » est devenu sa philosophie, mais pas question d’être tous les mêmes moutons, chacun ses couleurs, son ton. « Deviens qui tu es » disait Nietzsche :  soyons moutons, mais pas n’importe lequel !

Author: Mouton Numerique

Le Mouton Numérique organise débats et rencontres autour du numérique, son but est d'éclairer la société qui innove

Website: http://mouton-numerique.org/

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